Hier, j'ai accompagné Pauline (la nouvelle miss coopération de l'ambassade) à l'inauguration d'un centre par la coalition gay et lesbienne du Kenya (GALK). Cet endroit, conçu avant tout comme un lieu d'échanges, de réunions et de loisirs pour les personnes de ces communautés, est le premier à voir le jour à Nairobi. Il a été financé en partie par le gouvernement norvégien et reçoit le soutien des Pays-Bas.
L'endroit est situé dans un quartier assez excentré, loin des regards...
Si j'évoque cette visite, c'est parce que l'homosexualité est encore passible d'une peine de prison allant jusqu'à 14 ans. Ces lois héritées du système colonial britannique considèrent ces pratiques comme étant “a crime against nature.”
''La plupart de ces lois sont de vieilles lois que nous avons héritées de précédents régimes coloniaux. Nous les utilisons encore dans nos pays, alors que les architectes des mêmes lois ont changé les lois dans leurs propres pays. Nous devons proposer une loi qui reconnaît l'homosexualité, de même qu'elle interdit la discrimination à l'égard de l'orientation sexuelle'', a noté Judy Kaari, du GALCK.
Cependant, ne blâmons pas trop le colonisateur ; certaines ethnies comme les kikuyus (qui a pratiquement détenu le pouvoir depuis l'indépendance) condamnent l'homosexualité et la punissent par la peine de mort...
Il faut ajouter à cela un caractère propre au continent africain où l’univers de la sexualité depuis l’ère du christianisme est entouré de tabous ; on en parle moins que l'on ne la pratique.
Enfin, les conceptions des hommes politiques au pouvoir influencent la législation. Du temps du président Moi on pouvait lire :
Moi said Kenyans should guard against “dangerous practices” such as homosexuality.“ It is not right that a man should go with another man or a woman with another woman. It is against African tradition and Biblical teachings,” the 75-year-old Moi said. “I will not shy away from warning Kenyans against the dangers of the scourge.” Moi was asked to comment on comments made to Yoweri Museveni, President of neighboring Uganda earlier this week. Museveni said that he had ordered his security services to round up gay men and lesbians for the commission of what he said were “abominable acts.”
Most African rulers regard homosexuality as a perversion imposed on Africans by white colonialists. Moi made fun of gays in his comments before the conference on Wednesday. “Now we are seeing men wearing earrings to make it easy for them to be identified by other men,”he said to the amusement of his audience. More and more young men in Kenya’s urban areas wear earrings emulating Western pop stars whose videos are shown on Kenyan television.
Dans un pays où le VIH est une des causes les plus importantes de mortalité, il est important que des associations telles que le GALK puissent avoir de la visibilité et qu'elles s'imposent dans le débat public.Au moins pour qu'on ne lise plus dans les journauux que la police a tiré sur telle personne en raison de son identité sexuelle. Il est temps que le Kenya évolue hors de ce puritanisme hypocrite et malsain...
samedi 20 décembre 2008
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