samedi 13 décembre 2008

Jamhuri Day , ep.2

Mon Jamhuri day était formidable ; j'ai souhaité un joyeux anniversaire (45 ans) à une démocratie qui balbutie, trébuche sous les embûches posées par le dilemme de l'état de droit et de la nécessité du Prince, et se relève écorchée, de plus en plus difficilement.
Mon Jamhuri day était unique. Il avait lieu un an pratiquement, après ce qu'on appelle la crise électorale, qui a bousculé le Kenya, ses leaders et la bienveillante communauté internationale. Ce jour était donc très attendu ; comment allait réagir la nation à l'action de ses leaders pour effacer toute trace de ce qui s'est passé et faire du pays un leader économique et politique de la région, quel bilan, quelles perspectives ? Dis, on efface tout et on recommence ?
Triste journée, amer constat ; ce fut un jour de protestations, pour le moins à Nairobi. "Njaa, njaa tunaka chakula na MPs walipe ushuru" - "nous voulons à manger et les parlementaires doivent payer des taxes", parmi les mieux payés au monde, tout de même, mais apparemment l'idée de "no taxation without representation" n'a pas convaincu, pouvoir, pouvoir.
Jour de cristallisation de la colère, Kibaki parade dans le stade, la foule est hostilement silencieuse ; le discours de Raila sera à peine applaudi...
Les kenyans ont faim et la réponse n'est pas à la hauteur, même dans un discours économique qui promet une croissance de 4,5% (c'est la crise tu comprends) et des sacs de maïs pour tout le monde...
Désillusion, peu de protestations ; rassurez-vous citoyens, l'Etat garanti votre sécurité. 53 personnes arrêtés, médias et société civile. Dans la tribune officielle, arrestation musclée d'un parlementaire qui interrompt Mzee Kibaki durant son discours ; les images ont en dit beaucoup plus que ce que j'ai vu.
Mon Jamhuri day était diplomatique. Voiture, tribune VIP, tea party. Ah, on se sert la main ? Mais la réalité n'est jamais loin, même depuis les hauteurs de State house.









Célébrations au Nyayo Stadium, Nairobi






Le président Kibaki. De dos dans la tribune officielle, Raila Odinga



En arrivant à State House. "Children and cameras strictly forbidden"

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