mercredi 23 avril 2008

D-day : 29 avril !



Voilà, j'ai enfin mon passeport et mon visa ! Départ prévu mardi prochain, et le hasard est parfois amusant : j'irai de Paris à Bruxelles, de Bruxelles à Kigali (Rwanda), et enfin Nairobi. Une journée de voyage donc.
Encore quelques jours pour profiter des plaisirs parisiens!

dimanche 20 avril 2008

En transit

Pour ceux qui se poseraient des questions quant à ma localisation géographique actuelle :
Bien que j'ai l'impression de flotter dans une bulle, quelque part, je suis toujours à Paris, et j'attends, et c'est long. Après avoir successivement dérangé le Ministère de l'intérieur, l'Ambassade du Kenya à Paris, et l'agence de voyages du MAEE, j'ai appris que mon visa n'est pas encore prêt, "et pas la peine de bousculer tout le monde, ça dépend pas de vous", soit...
Je suis donc en instance d'affectation, et j'espère décoller la semaine prochaine.

mardi 15 avril 2008

Quote of the day

"Entre 1972 et 2002, le nombre d’Africains gravement et en permanence sous-alimentés a augmenté de 81 à 203 millions. Les raisons sont multiples. La principale est due à la politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne.

Les Etats industrialisés de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont payé à leurs agriculteurs et éleveurs, en 2006, plus de 350 milliards de dollars au titre de subventions à la production et à l’exportation. L’Union européenne, en particulier, pratique le dumping agricole avec un cynisme sans faille. Résultat : la destruction systématique des agricultures vivrières africaines"


Jean Ziegler, Ecrivain, professeur à l’université de Genève. Rapporteur spécial de la commission des droits de l’homme des Nations unies pour le droit à l’alimentation. Auteur de La Faim dans le monde expliquée à mon fils, Seuil, Paris, 2000.

we (don't) feed the world

La flambée du prix des matières premières à laquelle on assiste depuis quelques semaines maintenant touche aussi le Kenya. J'ai trouvé ce commentaire d'internaute sur Daily Nation, extraits :

ONE OF THE FIRST TASKS of the new coalition government should be to steer Kenya away from an impending food crisis, which is already having a devastating impact in many parts of the country and is threatening to become a global crisis.The World Bank has already announced that 33 food-importing countries could face social unrest in the coming months because of rising food costs.(...)

Kenyans are not known to protest over food prices – we tend to take to the streets only to voice our support or opposition to a political party or leader, not because we cannot afford to feed ourselves or our families.

But given our fragile political situation, rising inflation (now at more than 20 per cent), high unemployment, an impending drought and a declining economy, it won’t be long before people begin to protest in other ways – through crime, looting and violence.

High food prices can thus lead to other forms of social instability and anarchy. This scenario is too horrific to even imagine.

THE HISTORY OF FALLEN REGIMES is intimately linked to the cost of food. When Marie Antoinette asked Parisians to “eat cake” because they couldn’t afford bread in the late 18th century, Parisians responded by taking her to the guillotine.

What our politicians don’t seem to understand is that survival issues have the potential to bring about regime change. If they are not careful, and if they dilly dally with the country’s future, they will be forced out of office through civil action on a massive scale.

The current food crisis, which is already being felt by Kenyans, could erupt into a political crisis.


Because we have not had a government in place for more than three months, and because thousands of our farmers are sitting idle and dejected in camps, any attempts made by the Government to mitigate the impact of the food crisis will be a little too late – unless measures are put in place right away to increase subsidies to farmers (especially on fertilisers) and subsidising the cost of essential food items, especially for urban poor families.

Kenya is not big on subsidies (it took us years to realise that free education is the cornerstone of every successful economy, both in the developed and in the developing world), but perhaps it is time to come to grips with the fact that without subsidies on basic commodities and services, we may be heading towards becoming a failed state, where the majority starve and the minority remain oblivious to the dying around them.
(...)
Unless the Government addresses the food crisis as a matter or priority, the country will be ungovernable in a few months.

What minister would want a portfolio that is so challenging, it is doomed to fail? Before we get to that stage, let the new government navigate us through rough waters that lie ahead before the leaking ship that is Kenya sinks."
RASNA WARAH, UN

D'une élection à l'autre




La crise se dénoue ! Un nouveau gouvernement (pléthorique) de 42 ministres, dont 7 femmes, a été nommé ce dimanche par le Président Kibaki, pour 4 ans et demi. Si l'objectif principal est désormais politique et économique, il faudra être attentif à l'évolution de cette large coalition et à ses réalisations, ainsi qu'aux rapports entre les deux leaders, Kibaki et Odinga. La fonction de Premier Ministre est en effet une nouveauté institutionnelle. Ce poste a existé lors de l'accession à l'indépendance du pays (1963), mais J. Kenyatta l'avait ensuite supprimée lors de son accession à la Présidence.
Libération se demandait se matin si ce dénouement annonce une sortie de crise réelle : "La confusion qui a régné pendant les discussions (les radicaux de l’Union nationale, le parti de Mwai Kibaki, s’opposant au principe d’un véritable partage du pouvoir) a entraîné une recrudescence de la violence dans certains bastions de l’opposition, comme le bidonville de Kibéra, ou Kisumu, dans la province de l’Ouest. Le camp de Mwai Kibaki garderait comme éventualité le recours à la secte Mungiki, bien implantée dans la vallée du Rift pour défendre les communautés kikuyu, l’ethnie du président réélu, menacées par les communautés favorables à l’opposition, comme les Kalenjin ou les Luo. Au lendemain de l’annonce du gouvernement, des centaines de Mungiki ont d’ailleurs occupé pendant plusieurs heures l’axe Nairobi-Nakuru et des affrontements avec la police ont fait plus de dix morts. Pour autant, la nomination d’un gouvernement de coalition remplit le vide politique qui s’était installé depuis le début de la crise. Tout dépendra de la manière dont les deux camps vont cohabiter avec un Premier ministre qui devra se battre pour s’imposer sur la scène politique."

Nul doute que les kényans seront attentifs à l'action de leur nouveau gouvernement, qui doit désormais travailler pour relever l'économie du pays, durement touchée par ces évènements, s'occuper des 300 000 personnes déplacées, rédiger une nouvelle constitution, et en plus, parer au plus urgent, le risque de famine liée à la crise alimentaire actuelle.

vendredi 11 avril 2008

Pour Silvio, tapez 1, pour Walter...

Les élections italiennes ont lieu ce week-end. Quand les deux candidats, Veltroni et Berlusconi font campagne, ça donne ça :

Le clip du Parti Démocrate de Veltroni. Ca me fait penser à la pub pour la Fiat 500, mais l'effet est là...






Celle du parti du Peuple de la Liberté, la nouvelle coalition de droite formée par Berlusconi. Regardez, tout est dit,c'est ridicule, et le pire, c'est que ça marche.
"Depuis plus de vingt ans, grâce à la télévision, il a modelé le pays à son image. Toute une génération d'Italiens n'a connu que lui. S'il représentait une rupture en 1993, sa présence est maintenant naturelle, évidente ; il est comme l'air que nous respirons, c'est pour cela qu'à la fin c'est lui qui gagne."
Carlo Freccero

jeudi 10 avril 2008

Erratum

J'écrivais il y a quelques jours que la crise politique au Kenya était en voie de résolution...L'accord sur la formation d'un nouveau gouvernement de coalition, qui devait être annoncé ce week-end, a échoué. L'absence de compromis est notamment liée à l'attribution de postes ministériels clés par le Président Kibaki :
“We do not want to become passengers in the grand coalition. What PNU is doing is to take all the plum ministries and leave the remnants for us.” (Odinga)

L'ODM d'Odinga demandait l'énergie, le transport, les routes, ainsi que les affaires étrangères, en contrepartie des attributions régaliennes (défense, justice, affaires constitutionnelles...)
“This latest crisis in portfolio balance captures the astonishing lengths PNU is willing to go to ensure that it continues to monopolise power.”

Par ailleurs, selon les médias locaux, il y aurait un malentendu entre Kibaki (Président) et Odinga (Vice-président), sur le partage du pouvoir, Odinga réclamant des attributions présidentielles.
L'accord est donc au point mort. De plus, les antagonismes entre les deux partis sont alimentés par le sort des réfugiés victimes d'exactions et chassés de leurs terres. Des émeutes ont eu lieu hier à Nairobi, dans le bidonville de Kibera, et sur la ligne ferroviaire qui relie le Kenya à l'Ouganda. A ce propos, je me suis rendue hier au Quai d'Orsay et j'ai appris que la crise avait un impact économique sur toute la région, le Kenya étant le pilier économique de la région...
Mais la communauté internationale se mobilise ! Pas de sanctions pour le moment, mais d'intenses négociations, et on reste optimiste.
De la part des Etats-Unis :
American ambassador Michael Ranneberger, who has engaged in a flurry of shuttle diplomacy between the President and Mr Odinga, said he was sure the coalition Cabinet would be named soon.

Que fait l'Europe ?
Une délégation de l'UE a rencontré le vice-président kenyan, et a surtout réaffirmé l'importance du respect de l'Accord national de réconciliation, et donc de la formation d'un gouvernement de coalition.
L'objectif de l'intervention communautaire dans la gestion de la crise ne vise pas à prendre partie mais surtout à exprimer des avis et à assurer une médiation dans la gestion de la crise, sachant que ce rôle est avant tout dévolu à l'Union africaine. Pas d'ingérence mes amis !
"The EU delegation repeated a statement it issued on Tuesday at a meeting with Mr Odinga, a day after the collapse of talks on a new Cabinet, that it would only support meaningful power-sharing between PNU and ODM."

Si la sortie de crise est positive, on peut espérer que le cas soit considéré comme un précédent en Afrique, notamment pour le Zimbabwe. Certes, on ne sait pas qui d'Odinga ou Kibaki a remporté l'élection, mais le processus de négociation engagé, l'indépendance des médias pendant la crise et le mécontentement de la population nous montre que le non-respect du choix des urnes et le manque de transparence sont de moins en moins tolérables. (Ca y'est je parle comme eux...)

Sources : Kenya today

mercredi 9 avril 2008

Quote of the day

« Vous le trouvez sympathique (le Dalai Lama) parce que vous avez lu Tintin au Tibet et que vous croyez que les moines sont sympathiques du moment qu’ils sont loin de chez vous, mais le régime qui s’est appliqué au Tibet vous n’en voudriez pas pour vous ».

« On ne me fera pas croire à cette image du Dalai Lama lévitant dans l’espace comme dans Tintin au Tibet, et puis voici Robert Ménard qui occupe la fonction de Tintin ; tous ces personnages sont politiquement déterminés ».


Jean-Luc Mélenchon à Jean-Pierre Elkabbach sur l’indépendance du Tibet.

jeudi 3 avril 2008

Some good news

Un accord sur la composition et la taille du nouveau gouvernement a été trouvé aujourd'hui entre le Président Mwai Kibaki et le chef de l'opposition, et premier ministre, Raila Odinga.
Ce consensus fait suite à l'annonce de la composition du gouvernement le 6 avril. C'est aussi le signe de la bonne mise en oeuvre de la Loi 2008 sur l'accord national et la Réconciliation et d'une certaine efficacité de la médiation internationale. Les deux chefs de parti, le Parti de l'unité nationale (PMU) de Kibaki et le Mouvement démocratique orange (ODM) de Odinga se partageront le pouvoir et le gouvernement conformément à l'accord signé sous l'égide de Kofi Annan et sous la pression de l'Union Européenne et des Etats-Unis (j'ai lu par-ci par-là que le Kénya sert de base arrière à la lutte contre le terrorisme).

Cet accord a été bien accueilli par l'ensemble de la population. Espérons qu'il permettra de ramener peu à peu le calme.
Les derniers communiqués du MAE ne sont pas très encourageants. Exemples :
"En raison de violences interethniques récurrentes dans les régions de Morale et Marsabit au nord du Kenya, à la frontière avec l’Ethiopie, et dans les régions de Samburu et Laikipia dans le nord de la vallée du Rift, il est toujours fortement déconseillé de se rendre au nord de la ligne Kitale/Samburu/Garissa/Lamu."
Ou encore :
"Des vagues de violences ont touché l’ensemble de la vallée du Rift et des violences sporadiques y persistent. La crise politique a eu également des répercussions économiques (montée du chômage, baisse des revenus) qui ont généré une augmentation de la criminalité depuis le début de l’année. Il est donc fortement conseillé de se tenir informé de la situation prévalant dans le pays avant de planifier tout séjour au Kenya."





Moi je serai dans la zone en vert, sur les hauts plateaux de la Vallée du Rift, aucune crainte donc...Et puis, dans tout ce chaos, c'est la région qui m'est la plus chère, celle des Masai, de la rivière Mara, des paysages fracturés et arides, du ciel polychrome aux couleurs si chaudes.
Je dois aussi aller en Somalie, l'Ambassade de Nairobi étant aussi celle de Somalie. Dites, jvoudrais une prime de risque ;)

mercredi 2 avril 2008

Quote of the day / LOL

"Il faut donner l’image d’une France très moderne, très créative, utilisant les plus hautes technologies, donc une France non pas béret basque, mais une France d’avant-garde ».

Philippe Starck, Directeur artistique de la Présidence Française de l'UE (Prononcer Pfuuuuee)

Il faudrait lui expliquer que ce n'est pas SEULEMENT la France qui doit être mise en valeur pendant six mois, hein...

Two weeks to go

Si tout va bien (je ne connais toujours pas ma date de départ!), je serai à Nairobi dans deux semaines exactement, le temps de remplir mon énorme malle, de réviser mes bases,de faire des câlins...Je suis paradoxalement impatiente et inconsciente de ce départ. En attendant,j'aimerais déjà savoir comment ça va se passer, à quoi ça ressemble, rencontrer mes collocs (3), l'équipe de l'Ambassade, tout quoi (!), je suis allée chercher des photos :)




Voici le Barclays Plaza, là où je vais travailler...Et là, le centre ville










Et puis, la savane n'est jamais loin :)

mardi 1 avril 2008

Quote of the day



« Vous ne pouvez pas être détendu lorsqu’une machine militaire étrangère se rapproche de vos frontières »
Dimitri Rogozine, Ambassadeur de Russie auprès de l'OTAN

Ce sommet est unanimement considéré comme étant le "plus ambitieux, le plus complexe et le plus divers de l’histoire de l’Alliance" par le quotidien roumain Ziarul Financiar. Le principal débat portera sur l'élargissement de l'OTAN à l’Albanie, la Croatie, la Macédoine, l’Ukraine et la Géorgie. Alors que l'Albanie et la Croatie sont presque assurés d'obtenir le statut de candidat, le cas de la Macédoine est plus délicat en raison de son différend avec la Grèce.
Surtout, ce somment pourrait bien être tant un non évènement qu'un point de cristallisation des tensions, puisque l'objectif affiché est de ne pas fâcher les russes en laissant Kiev et Tbilissi devenir des supôts de l'Alliance Atlantique. L'étranger deviendrait bien proche et les prétextes au refus de l'adhésion de ces deux Etats bien nombreux :
- la population de ces pays n’adhère pas suffisamment au projet cher aux autorités politiques,
- « les pays qui connaissent des conflits internes ou régionaux ne peuvent pas être membres de l’Otan » (A. Merkel.
Mais G.W Bush ne semble pas être de cet avis :