Aujourd’hui 6 février le monde célèbre la journée internationale contre les mutilations génitales.Ce phénomène a existé dans les sociétés traditionnelles pendant des siècles. Dans de nombreux pays du monde, des milliers de femmes subissent l'excision. Les statistiques font ressortir cent vingt millions de cas de mutilation sexuelle sur le seul continent africain. Ce qui correspond à environ un tiers de sa population féminine. Les mêmes sources annoncent qu'au moins vingt huit pays africains pratiquent l'excision avec des taux de prévalence variant entre 5 à 9% selon le pays.
L’excision ou MGF (Mutilations Génitales Féminines), terme employé par l’OMS (Organisation mondiale de la santé), est pratiquée par les femmes elles-mêmes, soucieuses de se conformer à une tradition si ancienne que plus personne ne se souvient de son utilité. Par contre, les conséquences néfastes de cette pratique mutilante, elles, se font ressentir au quotidien : infections pouvant conduire à la mort ; infection urinaire chronique ; accouchements difficiles ; rapports sexuels douloureux ; traumatisme psychique et physique de la fillette ; atteinte aux "droits de l’Homme", car ce rite réduit l’intégrité physique des femmes et met leur vie en danger.
La loi au Kenya interdit les excisions; mais cela reste répandu, surtout dans les régions rurales. La conférence internationale sur les excisions à Nairobi (2004) avait rapporté que sur 42 groupes ethniques, seuls quatre (les Luo, Luhya, Teso and Turkana) ne pratiquent pas les excisions. Les MGF varient considérablement en fonction des ethnies et des régions, allant d’une moyenne de 4,1% dans la région occidentale à 98,8% dans le Nord Est du pays. Elles sont quasiment universelles chez les femmes Somali(97%), Kisii (96%) et Maasai (93%), alors qu’elles sont les moins répandues chez les femmes Kikuyu (34%) et Kamba (27%).(sources UNICEF)
L’excision en pays massai et samburu se pratique sur des jeunes filles de 14 à 16 ans, avec un rasoir, dans des conditions d’hygiène déplorables, et elle est suivie la plupart du temps par un mariage arrangé qui réduit l’adolescente à un objet d’échange entre deux familles. Les MGF préparent donc la jeune adolescente à un mariage précoce et forcé, la privant ainsi du droit à l’éducation.(http://sisyphe.org)
En 2001, le Kenya a adopté une loi sur les droits des enfants (Children's Act, 2001) qui protège les enfants contre les rites culturels dangereux et stipule expressément ce qui suit :
"Il est interdit de soumettre un enfant à la mutilation génitale féminine, au mariage précoce ou à d'autres rites culturels, coutumes ou pratiques traditionnelles susceptibles de nuire à la vie, à la santé, au bien-être social, à la dignité ou au développement physique ou psychologique de l'enfant" (Kenya 2001, art. 14).
Bien qu'il y ait une loi interdisant la MGF, la pratique demeure répandue et la loi est rarement mise en application. En outre, la législation a dans certains cas poussé la pratique de la MGF dans la clandestinité au lieu de la freiner.
Mais comme l'illustre ce reportage photo, il est difficile de légaliser ce qui ressort de la tradition (âmes sensibles, s'abstenir)
1 commentaire:
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