vendredi 27 février 2009

Total denial

Le rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires au Kenya a livré les conclusions sans appel, et des recommandations à forte portée politique de son rapport qui sera présenté en juin au Conseil des droits de l'homme des UN. Les moments forts en vidéo. J'étais assise à côté de Wangari Mathai (prix Nobel de la paix en 2004) mais j'étais trop sidérée pour le remarquer :)



mercredi 25 février 2009

La photo du jour : Mahmoud au Kenya

Après le président turc, c'est au tour de l'Iran de courtiser le Kenya et ses ressources naturelles. Seulement ?

Kenya burning exhibition

Je fais ma petite pub pour cette exposition de photos sponsorisée par USAID qui passe à Nairobi, mais également à Eldoret, Kisumu et Mombasa. Un an après les évènements qui ont agité le Kenya, des photos pour se souvenir. C'est un peu dans la lignée du "plus jamais ça", mais par les temps qui courent et vu la tension qui règne ici, on est jamais trop prudent.


mardi 24 février 2009

Un accord his-to-rique !

¨Parfois, la diplomatie multilatérale, ça marche..


Historic Treaty to Tackle Toxic Heavy Metal Mercury Gets Green Light (UNEP press release)

Nairobi, 20 February 2009 - A global crackdown on the poisonous pollutant mercury was agreed by environment ministers at the end of the UN Environment Programme’s (UNEP) Governing Council.

The landmark decision, taken by over 140 countries, sets the stage for the lifting of a major health threat from the lives of hundreds of millions of people.
Governments unanimously decided to launch negotiations on an international mercury treaty to deal with world-wide emissions and discharges of a pollutant that threatens the health of millions, from fetuses and babies to small-scale gold miners and their families.
They also agreed that the risk to human health and the environment was so significant that accelerated action under a voluntary Global Mercury Partnership is needed whilst the treaty is being finalized.

The eight-point partnership plan includes:

- Boosting the world-wide capability for nations to safely store stockpiled mercury

- Reducing the supply of mercury from for example primary mining of the heavy metal

- Carrying out awareness raising of the risks alongside projects to cut the use of mercury in artisanal mining where an estimated 10 million miners and their families are exposed

- Reducing mercury in products such as thermometers and high-intensity discharge lamps to processes such as some kinds of paper-making and plastics production

Achim Steiner, UN Under-Secretary General and UNEP Executive Director, said: “UNEP has, for some seven years, coordinated and contributed to an intense scientific and policy debate on how best to deal with the issue of mercury. Today the world’s environment ministers, armed with the full facts and full choices, decided the time for talking was over—the time for action on this pollution is now”.
“Only a few weeks ago nations remained divided on how to deal with this major public health threat which touches everyone in every country of the world. Today we are united on the need for a legally binding instrument and immediate action towards a transition to a low-mercury world,” he said.
“I believe this will be a major, confidence-building boost for not only the chemicals and health agenda but right across the environmental challenges of our time from biodiversity loss to climate change,” said Mr Steiner.

samedi 21 février 2009

UNEP GC25




Une semaine de totale frénésie s'achève, le site des Nations Unies à Nairobi devra attendre deux ans (la prochaine session du conseil d'administration) pour connaître un tel évènement, des discussions, des négociations, des tables rondes, et des acteurs concernés par l'avenir de la planète.
Ce fut unanimement un des meilleurs CA. Parce qu'il s'est terminé dans les délais grâce à des discussions constructives, et parce que ces dernières ont conduit à de notables avancées, notamment sur la Gouvernance internationale de l'environnement, ou sur le mercure (on peut dire merci à la nouvelle administration américaine).
Voir ici pour plus de détails
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/02/21/le-mercure-mis-au-ban-par-plus-de-140-pays_1158569_3244.html#ens_id=1156045

Pour moi ce fut une belle expérience que d'accueillir une délégation ministérielle, bien qu'éprouvante car il a fallu se démener pour que tout se passe bien !
Je retiens des réunions intéressantes sur l'économie verte,la gouvernance, les side-events sur l'environnement et le maintien de la paix,...Mais aussi des heures à courir de partout dans les couloirs de l'ONU,du lobbying de fou pour obtenir des salles, des litres de café, thé et autre jus de mangue, et de gros craquages, oui.

A venir, quelques photos dont une inédite :)

lundi 9 février 2009

Brèves de vestiaires

Sortie de ma douche ce matin à la gym, j'ai laissé traîner mes oreilles dans les détours d'une conversation ethno-futilo-féminine un peu étonnante qui m'a pour le moins abasourdie ; extraits (avec fautes de grammaire dans le texte) :

"- Oh you have big hips so you are a Luo !
- Me I am a Kikuyu that is why i am tall and thin !"
et blablabla pendant 10 minutes...

Quand l'ethnicité définit la silouhette, et vice-versa. This is Kenya...

vendredi 6 février 2009

Excision : le cas du Kenya



Aujourd’hui 6 février le monde célèbre la journée internationale contre les mutilations génitales.Ce phénomène a existé dans les sociétés traditionnelles pendant des siècles. Dans de nombreux pays du monde, des milliers de femmes subissent l'excision. Les statistiques font ressortir cent vingt millions de cas de mutilation sexuelle sur le seul continent africain. Ce qui correspond à environ un tiers de sa population féminine. Les mêmes sources annoncent qu'au moins vingt huit pays africains pratiquent l'excision avec des taux de prévalence variant entre 5 à 9% selon le pays.

L’excision ou MGF (Mutilations Génitales Féminines), terme employé par l’OMS (Organisation mondiale de la santé), est pratiquée par les femmes elles-mêmes, soucieuses de se conformer à une tradition si ancienne que plus personne ne se souvient de son utilité. Par contre, les conséquences néfastes de cette pratique mutilante, elles, se font ressentir au quotidien : infections pouvant conduire à la mort ; infection urinaire chronique ; accouchements difficiles ; rapports sexuels douloureux ; traumatisme psychique et physique de la fillette ; atteinte aux "droits de l’Homme", car ce rite réduit l’intégrité physique des femmes et met leur vie en danger.

La loi au Kenya interdit les excisions; mais cela reste répandu, surtout dans les régions rurales. La conférence internationale sur les excisions à Nairobi (2004) avait rapporté que sur 42 groupes ethniques, seuls quatre (les Luo, Luhya, Teso and Turkana) ne pratiquent pas les excisions. Les MGF varient considérablement en fonction des ethnies et des régions, allant d’une moyenne de 4,1% dans la région occidentale à 98,8% dans le Nord Est du pays. Elles sont quasiment universelles chez les femmes Somali(97%), Kisii (96%) et Maasai (93%), alors qu’elles sont les moins répandues chez les femmes Kikuyu (34%) et Kamba (27%).(sources UNICEF)

L’excision en pays massai et samburu se pratique sur des jeunes filles de 14 à 16 ans, avec un rasoir, dans des conditions d’hygiène déplorables, et elle est suivie la plupart du temps par un mariage arrangé qui réduit l’adolescente à un objet d’échange entre deux familles. Les MGF préparent donc la jeune adolescente à un mariage précoce et forcé, la privant ainsi du droit à l’éducation.(http://sisyphe.org)

En 2001, le Kenya a adopté une loi sur les droits des enfants (Children's Act, 2001) qui protège les enfants contre les rites culturels dangereux et stipule expressément ce qui suit :

"Il est interdit de soumettre un enfant à la mutilation génitale féminine, au mariage précoce ou à d'autres rites culturels, coutumes ou pratiques traditionnelles susceptibles de nuire à la vie, à la santé, au bien-être social, à la dignité ou au développement physique ou psychologique de l'enfant" (Kenya 2001, art. 14).
Bien qu'il y ait une loi interdisant la MGF, la pratique demeure répandue et la loi est rarement mise en application. En outre, la législation a dans certains cas poussé la pratique de la MGF dans la clandestinité au lieu de la freiner.

Mais comme l'illustre ce reportage photo, il est difficile de légaliser ce qui ressort de la tradition (âmes sensibles, s'abstenir)

jeudi 5 février 2009

Place aux femmes

Voici un projet dont je suis totalement fan (merci à ST pour cette trouvaille et pour me faire découvrir des artistes géniaux) et qui devrait je crois être médiatisé à la hauteur du message qu'il véhicule. A l'initiative, le photographe JR, cet artiste qui dévoile ses oeuvres grandeur nature dans les rues avec son objectif de 28mm. Voir ici : http://jr-art.net/

"Le projet WOMEN a pour objectif de souligner leur rôle central et de mettre en valeur leur dignité en photographiant leur portrait à l'aide d'un objectif 28 millimètres, puis en collant ces portraits sur les murs de leur pays.

Par ailleurs, en exposant ces images dans les grandes villes occidentales comme à Bruxelles en mars 2008 ou bientôt à Londres puis Paris en 2009, le projet sensibilise les populations européennes sur la condition de ces femmes et favorise la connexion, à travers l'art, de deux mondes trop éloignés.

Le Kenya, le Soudan, le Sierra-Leone, le Liberia - Les violences subies par les femmes lors des conflits armés africains sont l'expression la plus extrême des discriminations dont elles sont victimes en temps de paix. Les guerres ethniques en Afrique sont la source des pires crimes commis a l'encontre des femmes. En rencontrant ces femmes, JR veut témoigner de leur force, de leur courage et de leur combat : vivre tout d'abord, pour exister ensuite."

Quelques photos inédites ici, prises cette semaine à Kibera. Merci à JR-Art.net.





A matatu story

Voici une vidéo dénichée récemment sur une des particularités de Nairobi, les matatus, ou minibus conduits par des chauffeurs fous, la musique à fond, reaggae, gros rap ricain ou bongo flavor (la musique locale), ignorant toute règle de courtoisie au volant et vous demandant souvent de vous dépêcher de descendre ("faster,faster!) car il n'y a pas une minute à perdre ! Ces véhicules sans ceinture de sécurité, et souvent en mauvais état sont toutefois le moyen de transport le plus pratique et le moins onéreux pour circuler à Nairobi et même pour voyager ; certains sont de vraies oeuvres d'art ambulantes !

Back to Nairobi



Me voilà de retour au Kenya après deux belles semaines en France, dans le sud d'abord puis à Paris. Le départ fut un peu difficile, quitter ceux qu'on aime n'est jamais simple...Mais j'ai retrouvé ma deuxième maison et la petite vie tranquille d'une expat à Nairobi et tout va bien. Mes quelques coups de blues passagers sont vite effacés rien qu'au fait de penser qu'il me reste à peine deux mois à vivre ici, incroyable !

En attendant, petit retour sur l'actualité et deux ou trois faits assez marquants de l'actualité ici :

Incendies : 2 tragédies en moins d’une semaine

Cette semaine, la presse a largement concentré son attention sur les 2 drames que le Kenya a connus en quelques jours. A la suite de ces deux catastrophes, le président Mwai Kibaki a décrété dimanche 1er février une semaine de deuil national.

Mercredi 28 janvier, ce sont 27 personnes qui ont péri dans l'incendie du supermarché Nakumatt dans le centre-ville de Nairobi. Une polémique s’est développée autour de l’inefficacité et de la lenteur des secours (manque de moyens des sapeurs-pompiers, défaut de mesures préventives contre les incendies). Par ailleurs, les réflexes du personnel du Nakumatt auraient été désastreux et certains sont soupçonnés d’avoir enfermé à clef les clients dans le supermarché en feu pour prévenir les pillages. Le gouvernement a rapidement formé une commission d’enquête (encore une) chargée d’établir les causes de l’incendie, les responsabilités liées à la défaillance des secours et de faire des recommandations.

Samedi 31 janvier, ce sont 130 personnes (bilan de jeudi) qui sont mortes dans l'explosion d'un camion d'essence accidenté (ou des suites de leurs blessures) à hauteur du village de Sachang’wan, près de Molo, à 150 km au nord-ouest de Nairobi. Les victimes s'étaient massées autour du camion pour recueillir du carburant qui s'écoulait de la citerne, lorsque le véhicule a explosé. Selon des témoins, le feu pourrait avoir été déclenché par une personne qui allumait une cigarette.

Une polémique, qui a fait la Une de tous les quotidiens cette semaine, s’est développée suite aux déclarations de la Première dame du Kenya, Lucy Kibaki, qui a critiqué les propos du ministre de la Sécurité, George Saitoti, qui a jugé que des Kenyans démunis cherchant à récupérer du carburant étaient en cause dans l'accident et l'embrasement du camion-citerne. Elle a déclaré que le ministre devait être tenu pour responsable de la mort des personnes dans cette tragédie. Toutefois, le Président Kibaki a volé au secours de son ministre en déclarant mardi qu’il avait « totalement confiance en lui » et qu’il « appréciait le bon travail qu’il fait au sein du gouvernement ». Selon le Daily Nation, cette attaque de la Première Dame pourrait avoir des « ramifications politiques ». En effet, depuis que le ministre de la Sécurité intérieure a été élu à la présidence du PNU, il est perçu comme l’un des plus sérieux candidats à la succession du Président Kibaki.




Somalie

Le cheikh Charif Ahmed, opposant considéré comme un islamiste modéré, a été élu dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 janvier président de la Somalie, par les députés somaliens réunis, pour des raisons de sécurité, à Djibouti. Le cheikh Charif Ahmed est le dirigeant de l'Alliance islamiste pour la relibération de la Somalie (ARS). Il s'est engagé à résoudre le conflit en cours dans son pays, à œuvrer pour la paix avec les pays voisins et à combattre la piraterie et l'extrémisme islamiste. Âgé d'environ 45 ans, il a été président de l'Union des tribunaux islamiques qui avait chassé les seigneurs de guerre de Mogadiscio et avait dirigé la capitale pendant six mois en 2006, avant que l'armée éthiopienne ne l'en chasse à son tour. Il a étudié en Libye et au Soudan avant de devenir professeur de géographie dans une école secondaire de Mogadiscio.