
La crise se dénoue ! Un nouveau gouvernement (pléthorique) de 42 ministres, dont 7 femmes, a été nommé ce dimanche par le Président Kibaki, pour 4 ans et demi. Si l'objectif principal est désormais politique et économique, il faudra être attentif à l'évolution de cette large coalition et à ses réalisations, ainsi qu'aux rapports entre les deux leaders, Kibaki et Odinga. La fonction de Premier Ministre est en effet une nouveauté institutionnelle. Ce poste a existé lors de l'accession à l'indépendance du pays (1963), mais J. Kenyatta l'avait ensuite supprimée lors de son accession à la Présidence.
Libération se demandait se matin si ce dénouement annonce une sortie de crise réelle : "La confusion qui a régné pendant les discussions (les radicaux de l’Union nationale, le parti de Mwai Kibaki, s’opposant au principe d’un véritable partage du pouvoir) a entraîné une recrudescence de la violence dans certains bastions de l’opposition, comme le bidonville de Kibéra, ou Kisumu, dans la province de l’Ouest. Le camp de Mwai Kibaki garderait comme éventualité le recours à la secte Mungiki, bien implantée dans la vallée du Rift pour défendre les communautés kikuyu, l’ethnie du président réélu, menacées par les communautés favorables à l’opposition, comme les Kalenjin ou les Luo. Au lendemain de l’annonce du gouvernement, des centaines de Mungiki ont d’ailleurs occupé pendant plusieurs heures l’axe Nairobi-Nakuru et des affrontements avec la police ont fait plus de dix morts. Pour autant, la nomination d’un gouvernement de coalition remplit le vide politique qui s’était installé depuis le début de la crise. Tout dépendra de la manière dont les deux camps vont cohabiter avec un Premier ministre qui devra se battre pour s’imposer sur la scène politique."
Nul doute que les kényans seront attentifs à l'action de leur nouveau gouvernement, qui doit désormais travailler pour relever l'économie du pays, durement touchée par ces évènements, s'occuper des 300 000 personnes déplacées, rédiger une nouvelle constitution, et en plus, parer au plus urgent, le risque de famine liée à la crise alimentaire actuelle.
1 commentaire:
Un article en français assez humoristiques sur les mungikis et les dernières nouvelles au Kenya: http://www.peperuka.com/2008/04/15/nouvelles-du-kenya-les-mungiki-la-secte-qui-ne-porte-pas-de-sous-vetements/
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